Cybersécurité en France : des milliers d’emplois à pourvoir pour contrer la montée incessante des cyberattaques

Cybersécurité en France : des milliers d’emplois à pourvoir pour contrer la montée incessante des cyberattaques

Face aux attaques qui touchent les sites gouvernementaux et les entreprises privées, le secteur de la cybersécurité France doit recruter massivement. Les postes se multiplient, les formations aussi, mais l’écart entre l’offre et la demande reste béant. Voici l’état des lieux d’un marché qui cherche encore son rythme de croisière.

Le constat est sans appel. En 2025, près de 453.200 atteintes numériques ont été recensées en France. C’est une hausse de 87% en cinq ans. Piratages, hameçonnages, failles dans les réseaux informatiques : les cybermenaces se sont banalisées dans notre quotidien. Face à cette vague, les organisations n’ont pas le choix. Elles doivent amplifier leurs équipes de sécurité informatique.

La France face à une pénurie structurelle de talents cyber

Le besoin est criant. Chaque année, environ 20.000 offres d’emploi liées à la cybersécurité sont publiées dans l’Hexagone. C’est désormais la compétence la plus recherchée dans le domaine des nouvelles technologies. Pourtant, les recruteurs peinent à pourvoir les postes.

Le gouvernement estimait à 15.000 le nombre de postes non pourvus en 2025. Un paradoxe lorsque l’on sait que le secteur comptait déjà 45.000 emplois en 2024. Les entreprises élargissent leurs périmètres, les sujets se complexifient, mais les candidats formés ne suivent pas la cadence.

> « On n’est pas allé assez vite dans la formation des nouveaux talents par rapport aux besoins qui existent aujourd’hui », résume Thibaut Carré, expert en cybersécurité, au micro d’Europe 1.

Les chiffres de la crise cyber
  • 453 200
    attaques numériques en 2025
    en France
  • +87%
    d'augmentation en cinq ans
    chez les entreprises
  • 20 000
    offres d'emploi chaque année
    dans le secteur
  • 15 000
    postes non pourvus
    estimés en 2025

Des équipes qui passent de quelques dizaines à plusieurs centaines

Prenons l’exemple des grandes entreprises françaises. Il y a encore quelques années, une équipe de sécurité informatique comptait quelques dizaines d’ingénieurs. Aujourd’hui, il en faut parfois plusieurs centaines. La protection des données, la conformité réglementaire et la réponse à incident exigent des compétences toujours plus pointues.

Les besoins ne se limitent plus aux seuls ingénieurs. Les profils juridiques, les analystes SOC, les experts DevSecOps ou encore les spécialistes de la remédiation sont recherchés. Les entreprises agrandissent leur pôle cybersécurité pour couvrir un spectre de menaces toujours plus large.

NIS2 et cyberattaques : les entreprises sous pression réglementaire

La directive européenne NIS2 impose de nouvelles obligations de conformité. Les entreprises doivent renforcer leur résilience face aux cyberattaques. Résultat : la demande explose dans tous les secteurs, de la PME au grand groupe. Personne n’est épargné.

Les cybermenaces évoluent plus vite que les défenses. Ransomwares, fuites de données, espionnage industriel : les incidents se multiplient. Pour les équipes de RSSI, chaque mois perdu alourdit le risque opérationnel.

> Les attaques contre les sites du gouvernement l’ont rappelé : plus aucune organisation ne peut ignorer la menace.

Les métiers les plus recherchés dans la sécurité informatique

Voici les profils qui concentrent la plus forte demande :

– 🔐 Analyste SOC : surveille les réseaux informatiques et détecte les intrusions en temps réel
– 🛡️ Ingénieur Pentest : simule des attaques pour identifier les failles avant les pirates
– ⚖️ Juriste cybersécurité : accompagne la mise en conformité avec NIS2 et le RGPD
– 🔧 Expert DevSecOps : intègre la sécurité informatique au cycle de développement logiciel
– 📊 Chief Information Security Officer (RSSI) : pilote la stratégie de protection des données au niveau direction
– 🎓 Formateur et ingénieur pédagogique : accélère la montée en compétence des équipes

Formation en cybersécurité : le maillon faible français

Le nombre de formations augmente. Des bootcamps aux mastères spécialisés, l’offre s’étoffe. Pourtant, les difficultés à recruter persistent. Le problème est structurel : la formation initiale ne produit pas assez de profils, et la reconversion professionnelle reste trop marginale.

Thibaut Carré l’admet sans détour : le problème est identifié depuis des années, mais la montée en charge est trop lente. Face à l’urgence, les entreprises misent sur la formation interne et les passerelles entre métiers. Un développeur peut devenir pentester, un administrateur système peut évoluer vers l’audit de sécurité informatique.

Des initiatives pour combler le déficit de talents

– 🎓 L’ANSSI publie des observatoires des métiers pour guider les parcours
– 🏫 Les écoles d’ingénieurs renforcent leurs spécialisations en cybersécurité
– 💼 Les programmes de reconversion se multiplient pour attirer les profils en transition
– 🤝 Les entreprises développent l’apprentissage et les stages pour former en conditions réelles

D’ici 2028, l’OPIIEC table sur la création de 25.000 nouveaux postes. Le secteur pourrait passer de 45.000 à 70.000 emplois entre 2024 et 2028. Une croissance supérieure à 10 % par an. Derrière ces chiffres, ce sont des centaines d’entreprises qui cherchent désespérément des profils capables de relier technique, droit et pilotage.

Les cyberattaques ne vont pas ralentir. Les offres d’emploi non plus. Le défi est clair : former plus vite, former mieux, et élargir le vivier de candidats. Ceux qui s’engagent dans cette voie tiennent les rênes de la négociation salariale. Les autres devront composer avec des équipes sous-dimensionnées face à une menace qui, elle, ne faiblit jamais.

La pénurie cyber vue de l'intérieur

La cybersécurité, c'est réservé aux ingénieurs expérimentés ?

Pas du tout. Des profils variés sont recherchés, des juristes aux analystes SOC. La reconversion est possible, surtout avec des formations courtes.

Les attaques visent surtout les grands groupes ou les PME aussi ?

Les PME sont autant touchées. La directive NIS2 oblige beaucoup d'entreprises à renforcer leur sécurité, même les petites.

Ça vaut le coup de se former maintenant, le marché ne va pas saturer ?

Avec 15 000 postes non pourvus en 2025, la demande dépasse de loin l'offre. La formation met des années à suivre, alors l'écart va rester.

Quel métier payerait le mieux dans le secteur ?

Le RSSI (Chief Information Security Officer) pilote la stratégie et touche souvent les plus hauts salaires. Les pentesters et DevSecOps sont aussi très bien rémunérés.

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